L'HOMME AU CUR DE L`ENVIRONNEMENT
On peut définir l'environnement comme l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) dans lesquelles les organismes vivants se développent.
Si l'on accepte cette définition empruntée au " Petit Robert ", la défense de l'environnement n'a de sens que dans l'optique du développement optimum des organismes vivants dont s'agit, au premier rang desquels figure bien évidemment l'homme.
A
l'évidence, il ne servirait à rien de favoriser un environnement qui ne serait
pas propice à ce développement, et notre planète ne peut être belle à nos
yeux qu'à condition que nous puissions l'observer.
L'homme doit donc se situer au coeur des préoccupations environnementales,
tant au niveau de la nature qui l'entoure, qu'au niveau de son aptitude à
s'épanouir.
Cet aspect fondamental me paraît parfois cruellement faire défaut dans les programmes défendus par certains mouvements politiques, qui semblent n'avoir récupéré le concept d'écologie que pour faire triompher des idées partisanes sans grand rapport avec les objectifs initialement revendiqués. Je ne parle pas ici bien entendu des nombreuses associations de défense des écosystèmes, qui ne ménagent pas leurs efforts pour faire progresser la notion de respect de l'environnement, et avec lesquelles il est de toute première importance de coopérer en raison de leurs connaissances des milieux naturels et de leurs qualités de dialogue.
Si l'on s'en tient à la seule préservation des conditions naturelles dans lesquelles évolue l'homme, les solutions semblent immédiates : pas de rejet chimique dans l'atmosphère ru dans les océans pour assurer la qualité de l'air et de l'eau, pas de traitement pour maintenir la composition idéale de nos sous sols et de nos aliments, pas de déchets pour maintenir l'harmonie de nos paysages, et sans poursuivre plus longtemps cette liste, il est évident que l'on ne peut que souscrire à de telles intentions.
Mais voilà : si l'on s'en réfère à la définition ci dessus rappelée, la dimension culturelle doit également être prise en compte dans une politique environnementale digne de ce nom, et cette dimension évolue dans le temps et requiert des politiques souvent contradictoires avec celles qu'exigerait le seul respect de l'environnement naturel.
Personne ne conteste qu'aujourd'hui, la première nécessité pour l'homme est d'avoir un emploi, sans lequel il ne peut se loger convenablement, nourrir sa famille, s'adonner à ses loisirs et assurer son identité sociale. La défense de l'environnement ne peut donc aller à l'encontre de cet objectif majeur que constitue la recherche du plein emploi, et par conséquent contrecarrer le développement économique, le progrès technique et une certaine forme d'urbanisation.
La
résolution de ces problèmes souvent antinomiques exige en conséquence une
approche globale, à laquelle doivent être associés tous les acteurs de la
vie politique, économique et associative.
Les acteurs de l'environnement ont compris qu'il ne sert à rien de montrer
du doigt l'agriculteur qui utilise les moyens qui sont mis à sa disposition
pour s'inscrire dans la logique productiviste qui est celle de l'agriculture
aujourd'hui, si l'on ne s'attaque pas en même temps aux puissantes industries
qui mettent sur le marché les produits contestés, et au delà, à l'hypocrisie
des pouvoirs publics qui se satisfont du système sans rechercher des politiques
de remplacement (celle dite du développement durable par exemple).
De même, ils ont cessé de faire des chasseurs les boucs émissaires de la destruction des espèces, alors que la grande majorité d'entre eux sont des fins connaisseurs du monde rural et appréhendent parfaitement les problèmes soulevés par la détérioration de l'écosystème, si préjudiciable à l'exercice de leur loisir et à sa perpétuation.
Ils savent que les véritables fossoyeurs de l'espèce animale sont les pollutions terrestres, aériennes et maritimes, et les politiques productivistes ci dessus citées, qui ont certainement plus contribué à la rareté grandissante de certains gibiers que le tir dominical du lapin.
J'arrêterai avec la liste des exemples, car elle serait trop longue, et tel n'est pas ici mon propos.
Mon propos, c'est que l'homme doit être au centre de toute préoccupation environnementale, que les solutions pour remplir cet objectif sont forcément complexes, et qu'elles nécessitent la bonne volonté de chacun. A son modeste niveau, l'APAGEH s'emploie à contribuer à cette vision humaniste de l'environnement, en favorisant l'insertion de personnes en difficulté au service de l'amélioration de l'environnement, et en participant au débat citoyen.
Comprendre les aspirations des uns et des autres, participer partout où cela est utile aux prises de décisions, quitter une attitude intégriste pour se mettre à l'écoute des autres points de vue tout en cherchant à faire admettre le sien, voilà qui fera progresser plus sûrement la défense de l'environnement que la lecture de bréviaires arides aux heures de grande écoutes télévisées ...
Lionel de RAFELIS
Le
mot du Président
Bulletin de liaison
n° 26 - décembre 2002